
Illustration du poème
Guillaume APPOLLINAIRE
Poème paru en 1913 dans le recueil Alcools.


VICTOR HUGO

Demain, dès l’Aube…

Victor Hugo, extrait du recueil « Les Contemplations » (1856)

Demain, dès l’aube… Je ne regarderai ni l’Or du soir qui tombe…
Commentaire du poème « Demain, dès l’aube…«
C’est en lisant le journal Le Siècle, au Café de l’Europe, à Rochefort, en 1843, que l’attention de Victor Hugo fut attirée par la nouvelle foudroyante relatant « un drame frappant une famille chère à la France Littéraire ». Sa fille Léopoldine, disparue tragiquement à l’âge de dix-neuf ans, avec son époux Charles Vacquerie, lors d’une promenade en canot sur la Seine. » Demain, dès l’aube… » lui est dédié, poème sans titre extrait du Recueil lyrique des Contemplations. Il puise sa puissance dans la sobriété des mots. L’incipit « Demain, dès l’aube… » nous laisse voir ce père ivre de souffrance déjà parti en pensée vers l’objet de son amour, celle qui l’attend ardemment. Le regard rivé pour ne pas la perdre de vue. Il ne voit pas les voiles de la rivière de Harfleur. Cristallisation des sens et crue intérieure se fraient un chemin. Une complainte haletante de douleur tout en retenue. Garder jalousement les affres de son deuil dans le tréfonds de son coeur, nul ne doit savoir l’incommensurable chagrin.
Cet amour filial ne souffre aucun partage, aucun tiers, aucune distraction dans cette marche propitiatoire vers la disparue, vers la tombe déjà préfigurée, esquissée, contenue, projetée dans l’allégorie de « l’or du soir qui tombe ».
L’osmose doit demeurer immaculée. Elle et lui dans une étreinte éternelle, loin du monde. Pas d’incantation hyperbolique, juste la peine profonde d’un père éperdu. On entend ses sanglots, on devine la douleur inconsolable, la révolte rentrée contre le fatal destin. Un voile de cendres a obombré sa vie. La lumière du jour n’infusera plus jamais sa vie. En filigrane, « à l’heure où blanchit la campagne » peut-on sentir sourdre l’intense désespoir. Enfin, le moment de bonheur tant désiré, l’offrande du bouquet de fleurs à la Regrettée, l’adolescente aux yeux clos. L’ombre inconnue, dans un ultime sursaut, dépose avec délicatesse et exaltation le houx vert et la fleur de bruyère sur le corps de la jeune fille en fleur, métaphore de la vie et de l’amour éternel insufflés à Léopoldine.
Elle avait pris ce pli…


Deux différentes manières d’aimer
Victor HUGO


ARTHUR RIMBAUD

Le Bateau ivre, extrait






VERLAINE


